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Travaux du P. Laurent

 

Depuis l’automne 2012, un travail absorbe une bonne part de mon temps. Il s’agit de recherches sur l’élaboration de la constitution pastorale de Vatican II, dont nous allons fêter le cinquantenaire en 2015. J’avais déjà réalisé ma maitrise de théologie sur ce sujet à partir des archives personnelles de son principal rédacteur, le français, Pierre Haubtmann. Depuis un an, je poursuis la même démarche à partir des documents des dominicains parisiens qui ont été parmi les principaux artisans de ce texte fondateur pour comprendre et vivre la présence de l’Eglise dans le monde. Cela m’oblige régulièrement à me rendre à Paris, au Saulchoir principalement, où se trouve un bon nombre de ces documents, souvent inédits. Le but étant de pouvoir en publier l’essentiel. Ce sont souvent les débuts de semaine (lundi à mercredi) qui y sont consacrés. A partir du traitement de ces archives, j’ai donc commencé la rédaction d’un texte mettant en valeur leurs principaux apports (une centaine de pages) mais le travail est encore loin d’être achevé. En effet, après Poitiers, je réponds cette année à une demande du séminaire de Bordeaux pour les cours d’histoire de l’Eglise. 35 heures de cours à préparer et à enseigner cet hiver pour l’histoire médiévale… cela demande aussi de nombreux déplacements et temps de travail. Tout cela avec aussi des interventions à l’Ecole de la foi du diocèse ou dans d’autres occasions…

Je n’oublie pas bien-sûr la vie paroissiale et diocésaine auxquelles je consacre les fins de semaine. Cependant, comme vous le savez, la disponibilité actuelle des prêtres dans le diocèse est telle (une trentaine de curés pour tout le département) que je dois accompagner depuis un an, un ensemble paroissial de 25 000 habitants… ce qui est considérable ! Cela nous dit bien une fois de plus que le rôle et la place du curé d’il y a quelques années est révolu. C’est ainsi et c’est évidemment ensemble que nous vivons la prise en charge de la mission chrétienne. Occasion de nous rendre compte que par le baptême et la confirmation nous sommes tous « adultes » dans la foi pour vivre et annoncer l’Evangile.

 

                                                                       Laurent Maurin,

curé Champniers-Gond-Pontouvre, Vars-St-Amant

novembre 2013

 

 

 

Je joins cette petite note présentant mon travail de recherche sur le concile.

« L’EGLISE ET LE MONDE DE CE TEMPS ». De 1962 à 1965, le Concile Vatican II renouvelle l’Eglise catholique. Durant ce concile, les théologiens ont la parole. Ils veulent avec force instaurer un dialogue entre l’Eglise et le monde. La constitution pastorale Gaudium et Spes en est l’initiatrice et le pivot. L’apport de dominicains français de la « nouvelle théologie » (Chenu, Lebret, Congar, Liégé…) est alors décisif.

En interrogeant les sources d’archives et leurs écrits de cette époque, nous cherchons à préciser quel est ce dialogue Eglise-Monde tant voulu ? Comment lui a-t-on donné cette place déterminante, et pourquoi ? Qu’est-ce que l’Eglise attend du monde et qui semble si important ? Et inversement, qu’est ce que le monde peut attendre de l’Eglise après deux mille ans ? Pendant le Concile, sur quelles bases ces dominicains français ont-ils pu convaincre les pères conciliaires ?

Dans l’histoire de la  fabrication  de Vatican II, la constitution pastorale joie et espérance a donc une place particulière. Dans cette même histoire, Marie-Dominique Chenu, op, historien, a aussi une place particulière. Pour lui ce texte permet de tenir ensemble tout l’apport de l’unique Concile du XXème siècle à l’Eglise, comme s’il en était « la clé-de-voûte ». L’apport de Louis-Joseph Lebret, op, économiste, est aussi décisif. Il a une vision synthétique des enjeux du développement tel que les connaissent les différentes régions du monde au début des années soixante. Bien-sûr, le rôle et la compétence d’Yves Congar sont déterminants pour faire saisir ces enjeux à l’assemblée conciliaire. Et d’autres encore…

A l’occasion des cinquante ans de la rédaction de ce texte dont la méthode d’analyse historique et théologique n’a pas vieillie, redécouvrons la pertinence et l’inspiration de cette avancée capitale de ce texte prophétique pour l’Eglise et pour le monde de ce temps.