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Homélie pour la messe d'inhumation  du Père Larroque

Homélie inhumation André Larroque

Soligny 07.07.2017

 

C’est une belle figure de prêtre, André. Un prêtre donné à son ministère d’annonce de l’Evangile, de service du frère et de rassemblement des baptisés pour l’Eucharistie et la célébration des sacrements.

Nous avons entendu les divers témoignages au début de cette célébration. La Parole de Dieu vient éclairer et donner du relief à toute la vie d’André marquée par le service et l’amitié fraternelle.

            Partout où il est passé, dans les institutions ou les paroisses, André a noué de solides amitiés et la présence ici de paroissiens du diocèse d’Angoulême, comme de ceux de Notre-Dame-de-la-Marche en témoigne.

                     Nous savons aussi combien il s’est donné, avec de solides équipes, à la colonie de vacances d’Arpenans en Haute-Saône et avec l’association ‘’Relève-toi et marche’’ qui œuvrait en partenariat avec une paroisse de Roumanie.

            Ce récit du lavement des pieds est en quelque sorte la charte que Jésus laisse à ses apôtres et à ceux qui, après eux, continueront l’œuvre qu’il a commencée. Juste avant de mourir de mort violente et injuste ou plus exactement au moment où il s’apprête à donner sa vie une fois pour toutes sur la croix, Jésus laisse à ses apôtres deux consignes qui sont indissociables l’une de l’autre : rompant le pain et versant le vin en signe avant-coureur de sa vie donnée, il dit : ‘’Vous ferez cela en mémoire de Moi’’.

            Ce même soir, nouant le tablier du serviteur, dans une inversion des rôles qui offusque Pierre, il lave les pieds de ses disciples, et il leur dit : ‘’Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison car vraiment je le suis. C’est un exemple que je vous ai donné pour que vous fassiez, vous aussi pour les autres, comme j’ai fait pour vous.’’

            Et il ajoute à l’intention de ses apôtres et des baptisés aujourd’hui et plus particulièrement des prêtres : ‘’Le serviteur n’est pas plus grand que son maître, le messager n’est pas plus grand que celui qui l’envoie. Si vous savez cela, heureux êtes-vous, pourvu que vous le mettiez en pratique.’’

            Nous l’avons vu et constaté, André a essayé de mettre en pratique cette invitation de Jésus à aimer et à servir. Je dis bien ‘’a essayé’’ parce que, comme pour aimer, nous sommes toujours en apprentissage pour servir. Pour servir vraiment à la manière de Jésus-Serviteur.  

            Ici, saint Paul annonce que ‘’Dieu, riche en miséricorde vient, non pas dissoudre, non pas supprimer mais élever nos fragilités et nos pauvretés. Paul, qui connaît ses propres fragilités et pauvretés, va à l’essentiel dans ce passage de sa lettre aux chrétiens d’Ephèse : ‘’C’est bien par grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.’’

            Ce n’est pas facile de se désapproprier de ses œuvres et de ses mérites. Peut-être André a-t-il fait cette expérience, douloureuse pour lui, de désappropriation, de lâcher-prise, au cours des deux derniers mois de sa maladie où il avait beaucoup de mal à s’exprimer et où il a été sujet à des crises d’angoisse.

            Nous l’avons vu sur son lit d’hôpital s’accrochant aux visiteurs, posant des questions aux aumôniers, appelant sa maman. Ne retrouvait-il pas, certes douloureusement, l’esprit d’enfance spirituelle chère à notre compatriote sainte Thérèse de l’enfant Jésus et de la sainte Face ?

            En terminant, je voudrais évoquer la passion d’André, son loisir préféré : remettre en marche les pendules. Sa maison en est remplie.

            Nous savons que l’heure, l’heure de Jésus, tient une grande place dans l’évangile de Jean.

Avec André, mettons nos pendules à l’heure. Mettons les battements de nos cœurs à l’heure du Ressuscité qui nous précède sur nos routes humaines, où se rencontrent toutes les nations. Avec André, cherchons-le, non pas dans les tombeaux de nos indifférences, de nos tranquillités ou de nos certitudes mais dans la lumière d’une vie donnée, d’une vie eucharistique dans le respect des autres, dans la lecture et l’écoute de sa Parole où il nous montre ce qu’est une vie véritablement réussie.

Nous reconnaîtrons André dans une de ces dernières paroles écrites. Il se tourne non pas vers le passé que pour lui, aujourd’hui, nous représentons, mais vers l’avenir en évoquant ceux qu’il a connu : ‘’A tous mes amis avec qui j’ai cheminé ici-bas… et que je rejoins maintenant. Mais ça, c’est une autre affaire dont je m’occupe ! Alleluia !’’

André, occupe-toi aussi un peu de nous qui continuons le chemin, en espérant que nos routes conduisent à la Vie.

 

            Jacques ROGER